« La communauté humaine dans le regard de Saint Benoît », par Soeur Dominique à l’AG du SOB, juin 2019

Conférence de Sœur Dominique, O.S.B., Abbaye de Maumont, 15 juin 2019.

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Avant de faire appel aux mots, laissons nous rejoindre dans notre angoisse par un regard, un parfum, celui de l’homme humble qui nous rejoint, juste pour être là, avec nous. Quelqu’un qui vient.

Celui qui nous dit : « approchez de moi, je suis doux et humble de cœur »

Dès que c’est lui, en personne ou par personne interposée, c’est pareil, un frisson de vie nous surprend ; écoutons le grand peintre Van Gogh :

« La bible c’est le Christ. Le Christ seul, entre tous les philosophes, magiciens etc…,a affirmé comme certitude principale la vie éternelle, l’infini du temps, le néant de la mort, la nécessité et la raison d’être de la sérénité et du dévouement. Il a vécu sereinement, en artiste plus grand que tous les artistes, dédaignant et le marbre et l’argile et la couleur, travaillant en chair vivante. C’est à dire que cet artiste inouï et à peine concevable, avec l’instrument obtus de nos cerveaux modernes nerveux et abrutis, ne faisait pas de statues ni de tableaux ni de livres : il l’affirme hautement, il faisait des hommes vivants, des immortels. C’est grave ça, surtout parce que c’est la vérité. Et qui nous oserait dire qu’il ait menti le jour où prédisant avec mépris la chute des constructions romaines, il affirme   « Quand bien même ciel et terre passeraient, mes paroles ne passeront point » ?

Ces paroles parlées qu’en grand Seigneur qu’il ne daigne même pas écrire, sont un des plus hauts- le plus haut -sommet atteint par l’art qui y devient force créatrice, puissance créatrice pure. »

De quoi rêver, non ?

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Décès du Père Abbé Charles, d’Abu Gosh

11 juillet 2019
Bonjour à tous et à toutes,
De retour de mon pèlerinage avec des amis orthodoxes, j’apprends – et vous fais part, du décès de notre P. Abbé Charles, d’Abu Gosh, survenu samedi 6 juillet.
Le site du Patriarcat Latin de Jérusalem a fait un bel article et des photos de l’enterrement le 8 juillet :
A partager largement autour de vous, dans vos abbayes et communautés.
Bien fraternellement en Saint Benoît,
Une oblate de l’abbaye d’Abu Gosh

« Le Scandale dans notre Eglise », conférence à l’AG de Maumont juin 2019

 » Devant l’impossibilité de trouver un intervenant qualifié sur ce sujet, pour notre réunion du SOB (ce qui prouve tout de même qu’il y a le feu dans l’Eglise !), je propose une réflexion sur ce sujet, tant cette question nous a parue incontournable et au centre même de notre avenir ecclésial pour nous tous chrétiens ! »

– S. Samuel-Danielle NOUGUE-DEBAT osb

Echos de notre AG 2019 à l’Abbaye de Maumont

Un temps estival et une chaude ambiance fraternelle ont caractérisé cette rencontre, à la fois joyeuse et grave, selon les moments.

 

Nous avions choisi  comme thème :

« Spiritualité bénédictine et vie quotidienne »

Une cinquantaine d’oblats et une douzaine de Responsables d’Oblatures ont pu entendre des conférences enrichissantes, de Soeur Dominique (Maumont), Soeur Samuel (Martigné-Briand), Père René-Hugues (Ganagobie) et Père André-Jean (En-Calcat).

Les textes de ces conférences sont disponibles à la lecture et au téléchargement par les liens ci-dessous :

Les photos ci-dessus reflètent ces journées, avec l’accueil chaleureux de nos soeurs de Maumont

 

 

Les 14 au 16 juin 2019, rencontre annuelle du SOB à l’abbaye de Maumont

La rencontre nationale du SOB

Elle se tient chaque année dans une abbaye différente ayant la capacité d’accueillir une soixantaine d’oblats avec leurs responsables d’oblature. Elle propose un enseignement bénédictin, la participation aux offices de la communauté d’accueil, la rencontre de l’abbé ou l’abbesse du lieu, si possible la visite de l’abbaye ou le partage d’un audio-visuel sur l’abbaye ; sy ajoute généralement une partie culturelle sur les trésors de nos abbayes ou l’histoire de l’ordre, des ateliers de réflexion, des temps de partage informels.

Les oblats ont à cœur de maintenir un esprit de silence pendant les repas et dans les lieux dédiés. Ils cherchent à se connaître sans juger des différences, dans un climat fraternel et en accueillant l’autre « comme s’il était le Christ lui même ».

Le SOB, comment ça marche ?

Asociation de type Loi 1901, le SOB fonctionne comme beaucoup d’autres associations :

Adhérents : les monastères qui le désirent en cotisant selon le nombre de leurs oblats

Bureau : proposés par les responsables d’oblature et validés par l’assemblée générale, les membres du bureau élisent entre eux un président, un vice-président, un trésorier, un secrétaire, pour un mandat de 3 ans. Le bureau se réunit 3 fois par an au prieuré de Vanves, où est établi son siège social, pour :

  • préparer l’Assemblée Générale et une Rencontre nationale annuelle,
  • tenir à jour le site,
  • coordonner la Lettre du SOB,
  • définir la participation aux GVE (Groupement de Vie Evangélique).
  • Par ailleurs les membres du bureau se retrouvent mensuellement en réunion virtuelle par internet par le biais de Tamashare, pour débattre des questions urgentes, ajuster les décisions en fonction des différentes préparations, prier ensemble et partager les nouvelles.

Assemblée générale : Elle se réunit chaque année au mois de juin, elle est composée d’oblats mandatés par leur responsable d’oblature (maximum 3 par abbaye). Elle valide le bureau, le rapport moral et le rapport financier de l’association.

Au fait, le SOB, à quoi ça sert ?

Le SOB (Secrétariat des Oblatures Bénédictines) est d’abord un service pour les oblatures de France et autres (Belgique, Afrique etc…)

Où que nous soyons oblat(e)s, nous avons chacune ou chacun un abbé ou une abbesse, un ou une responsable d’oblature. Alors pourquoi faut-il une autre instance ?

Le SOB n’est pas une instance supplémentaire, il ne chapeaute rien, il n’oblige à rien, c’est une association qui s’adresse, non pas individuellement à des oblats, mais à des oblatures. Ce qui veut dire que rien ne se fait au SOB sans l’accord des abbés et abbesses des abbayes qui en font partie.

Nous ne serions pas bénédictins si nous ne restions pas dans l’obéissance.

Le SOB souhaite créer du lien, partager les merveilles que nous recevons dans nos abbayes respectives, faire circuler les nouvelles pour que la prière de tous s’en trouve enrichie, apprendre à se connaître, à découvrir d’autres formes d’oblatures, et par notre site donner peut être à quelque visiteur de se rapprocher d’une abbaye et de découvrir l’oblature.

Nous ne serions pas bénédictins si nous ne restions pas dans l’humilité.

Le SOB n’a rien à prouver, rien à imposer, il est là, disponible et fraternel. C’est dans cet esprit que nous nous réjouissons de nous rencontrer, de nous écouter, et de prier ensemble.

Lisa Roux, Présidente du SOB

Chapitre du 9 février 2018 sur l’humilité

Chapitre du 9 février 2018  sur l’humilité

Nous voilà à la fin du parcours de l’humilité et dans ce douzième degré se dessine à l’horizon le moine selon saint Benoît, ce moine qui est aussi dans notre horizon et que le Saint Esprit façonne aussi en nous, il faut en être sûres…

  • Ce moine à l’horizon, le premier verset nous l’indique, c’est un homme unifié dans lequel corps et cœur (il y a les deux mots) correspondent. L’humilité pour saint Benoît est synonyme de vérité : le comportement, l’allure extérieure, les gestes sont l’expression du cœur ; il n’y a plus dans le moine simplifié aucun faux semblant, aucun désir de paraître, plus aucun masque. C’est un homme vrai, réconcilié avec lui-même – on retrouvera dans les chapitres sur l’ordo liturgique ce lien profond entre corps et cœur : l’office est une grande école de vérité, d’humilité, un lieu essentiel d’unification.
  • Autre caractère de ce moine du 12ème degré qui m’a particulièrement frappée à cette lecture : c’est un homme ordinaire qui vit la vie ordinaire. C’est le seul degré de ce ch. 7 où la vie quotidienne apparaît avec sa couleur, sa diversité. On suit ce moine à l’office, à l’oratoire, circulant dans le monastère, travaillant aux champs, en voyage, etc. Il vit simplement la vie monastique dans tout son réalisme et le concret des jours ; il est à l’aise. On le voit aussi assis, en marche, debout, dans ces trois attitudes fondamentales de l’être humain ; il est réconcilié avec son humanité, avec la vie ordinaire – « il ne poursuit ni grands desseins, ni merveilles qui le dépassent » – pour reprendre le psaume 130 cité au début de ce chapitre. À l’aise, il l’est surtout dans sa relation à Dieu, il n’a plus ni crainte, ni peur et accomplit sans peine et naturellement ce que le Seigneur lui demande ; vivant sous le regard de Dieu, il est devenu son familier, son ami ; il est à l’aise dans le monde de Dieu. Comme dit Mère Loÿse en parlant de l’habitude : « il ne s’agit pas de l’habitude routinière mais de l’aisance propre à ce qui nous est familier, intime. On entre dans l’intimité de Dieu comme dans l’amitié des autres, par l’humilité ». Ce moine à l’horizon est ici un homme libre, sans peur, à l’aise dans la vie car habité par l’amour, vivant dans l’intimité de Dieu sans même le savoir…
  • Saint Benoît nous dit aussi que c’est un homme réconcilié avec son péché, avec sa faiblesse parce qu’il se sait pardonné, jugé parce que pardonné. Comme le publicain dont il est une image, il se sait pécheur, il le reconnaît devant Dieu, devant ses frères et, comme lui, il repart chez lui, vers la maison de Dieu, justifié. Il porte son état de pécheur, sa pauvreté avec simplicité sous le regard de Dieu. C’est un homme lucide et en paix.
  • Enfin, tout à l’horizon, saint Benoît voit le moine peu à peu identifié au Christ sous l’action de l’Esprit Saint. La ‘tête inclinée’ nous renvoie à Jésus sur la Croix, là où il remet l’Esprit au Père et le souffle sur les hommes. Ce moine est identifié au Christ souffrant et donnant sa vie, au Christ humilié et courbé. Il est devenu Porte-Christ, purifié par l’Esprit Saint. Ayant vécu simplement et dans la confiance sous le regard de Dieu (depuis le 1er degré), il est maintenant ce cœur pur à qui il est promis de voir Dieu. Et c’est une béatitude ! Le moine du 12ème degré est un homme heureux.

Pour commenter ce passage, je me sers maintenant d’un texte du père Matta El Moskine, copié par l’une de vous. Il médite sur le Baptême de Jésus et tout particulièrement sur sa tête inclinée, signe de son humilité et de la justice qu’il nous apporte. Je cite un passage : « Aujourd’hui le Christ offre le meilleur remède à la pire des maladies. En inclinant la tête sous la main de Jean, en recevant de lui l’onction du baptême, il apporte l’esprit d’humilité ou pour le dire avec des mots plus forts, le mystère de l’humilité qui contient l’accomplissement de toute justice […]. Le Christ est venu guérir la raideur de la nuque du peuple d’Israël et de l’humanité entière […] Il lui a semblé bon d’instituer ici au Jourdain, au début de son ministère public, la fondation solide sur laquelle doit être établi un ministère efficace : l’onction de la tête inclinée. » Et il fait ensuite le lien avec le lavement des pieds où le Christ s’abaisse, se courbe jusqu’à terre devant les disciples. Je trouve que ce texte méditant sur la tête inclinée du Christ, accomplissant ainsi toute justice, peut bien éclairer la figure de notre moine du 12ème degré, pécheur humble et justifié par l’amour du Christ.

Le père Matta El Moskine ajoute encore : »tel est le baume secret, l’onction divine et mystérieuse qu’il nous faut utiliser pour rendre à nos cous la souplesse de l’enfance afin que nous puissions facilement courber la tête et rechercher toute justice ». Et comme nous sommes le 9 février, je pense à une autre « tête inclinée », sainte Scholastique ! Elle aussi, après avoir longtemps vécu sous le regard de Dieu, dans une vie simple et ordinaire, a retrouvé la souplesse de l’enfance, la tendresse qui s’incline devant elle : Dieu entend toujours celui qui humblement s’incline.

Soeur Scholastique, Abbesse de Pradines

LOURDES, le film

Un film va sortir le 8 mai « LOURDES », en voici la bande annonce :

… ainsi que la critique sur le site du diocèse de Strasbourg :

« Thierry Demaizière et Alban Teurlai ont réalisé un documentaire poignant sur Lourdes, la cité mariale, vue à travers l’itinéraire de pèlerins, malades ou accompagnateurs hospitaliers.

Les réalisateurs se revendiquent non croyants.

À Lourdes, ils sont venus filmer « ce quelque chose de bouleversant qui dépasse même la foi et qui interroge notre rapport à la souffrance et à la mort ».

Ils ont réussi avec talent à nous transporter au cœur du mystère de Lourdes, là où la souffrance ne reste pas un cri sans espérance, là où la fraternité dépasse les clivages sociaux.

Nous suivons l’itinéraire d’hommes et de femmes  venus puiser la force de vivre au pied de la grotte.

C’est un film sur la condition humaine, sur la foi, sur le dévouement,  et sur l’amour maternel  symbolisé par la vierge Marie. Lourdes apparait dans le cru et le nu de la vie comme une bouleversante leçon d’humanité. »