Le 12 juin 2021, au matin de la fête du Cœur immaculé de Marie, alors que sonnait l’Angelus, Sœur Marie-Liesse, Micheline Paris, est entrée dans la joie de Dieu.

Née à Troyes en juillet 1929 au sein d’une famille qui comptera 5 enfants, elle fit ses études au cours Saint François de Sales, fut cheftaine de louveteaux, se forma à la poterie et devint céramiste.

Conseillée par Dom Jean Leclerc, osb, Micheline entra au monastère le 7 octobre 1961 et reçut l’habit le 15 octobre 1962 se plaçant sous le patronage de Notre Dame de Liesse, où elle était allée en pèlerinage.

Elle fit profession temporaire le 25 mars 1965 et profession solennelle le 21 avril 1968.

Originale, de tempérament artiste, toujours un peu décalée par rapport aux situations ou conversations, elle mit ses dons au service des emplois de l’imagerie, de la reliure… elle reprit la céramique, réalisa des dessins, des icônes collées avec grand soin, décora le cierge pascal… elle travailla aussi au potager, à la ferme…  Elle traversa l’épreuve de la maladie sans retour sur elle-même, de façon même surprenante pour l’entourage. Très attachée à sa famille qui le lui rendit bien, elle se souciait de chacun sur son chemin de vie : la famille de son frère installé au Canada, ses neveux et nièces dont les activités artistiques au service de la foi l’intéressaient beaucoup, son neveu Vincent, prêtre du diocèse de Troyes, qui lui fit partager les photos de ses voyages à l’île Maurice sur les pas du P. Désiré Laval, spiritain, membre de leur famille.

Si elle lisait peu, elle fut assidue, tout au long de sa vie, à l’Office divin, qu’elle aimait chanter, à de longs temps de présence silencieuse au chœur, à l’oratoire, à la prière du chapelet avec une autre sœur.

Sœur Marie-Liesse était gaie, très fraternelle, aimant la compagnie de ses sœurs et la bonne entente qu’elle s’efforçait de rétablir en cas de heurt, tout en pouvant faire des remarques directes quand quelque chose ne lui convenait pas dans la façon de faire d’une sœur ou de la communauté ! Si elle traversa une période très sombre, sa simplicité, son sens de l’humour, son absence de rancune lui permirent jusqu’au bout de réaliser ce à quoi son nom l’invitait.

Atteinte de la maladie d’Alzheimer, elle perdit peu à peu ses repères, de temps surtout : elle ne vivait plus que l’instant présent, gardant cependant le souci d’un service longtemps rendu : fermer les portes et éteindre les lumières, ce qu’elle pouvait faire désormais à toute heure du jour et de la nuit ! elle nous reconnut jusqu’au bout et garda un sens de la répartie qui nous réjouit… si quelque chose la troublait, il suffisait de le prendre avec humour et gentillesse pour que cela la rassure et qu’elle prenne les choses du bon côté, remerciant chaleureusement pour tous les objets perdus et retrouvés par l’une ou l’autre sœur. Sans le chercher, elle devint un pôle joyeux d’unité de la communauté.

Une chute avec fracture du bassin la maintint couchée, elle ne s’en plaignit pas, se laissa faire par les soignantes avec qui elle eut toujours des relations pleines de confiance.

Elle s’affaiblit rapidement, mais chaque journée était « délicieuse » ; à une question, la réponse était souvent « c’est très bien ! » Ce furent d’ailleurs ses dernières paroles !

Décès Soeur Marie-Liesse

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