top of page

Jubilé bénédictin 2026-2029

  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

L’Église célèbre le 11 juillet la mort de saint Benoît, père des moines d'Occident. En 529, il fonda le monastère du Mont Cassin. Presque 1.500 ans après, le Jubilé a déjà commencé, et pas seulement à Rome, où Aleteia a rencontré l'abbé-primat de la Confédération bénédictine.


Aleteia - 10/07/2026



Une queue ininterrompue de touristes attend son tour, en haut de l'Aventin, l'une des sept collines de Rome. Ils veulent voir la fameuse serrure du siège de l'Ordre de Malte, dans laquelle rentre parfaitement la coupole de la basilique Saint-Pierre. Savent-ils qu'à quelques mètres, derrière eux, se prépare un événement qui n'aura lieu qu'en 2029 : le Jubilé des 1.500 ans de la fondation du monastère du Mont Cassin par saint Benoît, père des moines d'Occident, fêté le 11 juillet dans l'Église.

Perché sur une hauteur du sud du Latium, à mi-chemin entre Rome et Naples, le monastère du Mont Cassin fut reconstruit après la Seconde Guerre mondiale, mais demeure une maison de prière depuis 529. Au point que sa fondation est, d’après dom Jeremias Schröder, "la mère de tous les monastères" qui suivent la Règle rédigée par le Père des moines au VIe siècle. L’abbé-primat, élu en 2024 par des abbés bénédictins du monde entier, est le coordonnateur du Jubilé à venir. Il réside à Saint-Anselme, sur l’Aventin donc, où Léon XIII a voulu créer une abbaye qui soit le signe de l’union des monastères bénédictins du monde entier, en 1893.


Un Jubilé sur tous les continents

Il faut dire que le monde bénédictin est "un monde très hétérogène", d’après dom Schröder, et très décentralisé. Chaque fondation, dès qu’elle est élevée en abbaye, acquiert son autonomie. La plupart sont cependant regroupées en congrégations – en France, la plus connue est celle de Solesmes – qui partagent une même sensibilité spirituelle, et la réunion de ces congrégations forme la Confédération bénédictine. Cette organisation explique la manière dont va se vivre le 1.500e anniversaire. L’idée est effectivement que le Jubilé ne se vive pas seulement en Italie, où Benoît a vécu, mais partout dans le monde.

Ce ne sont pas moins de 6.200 moines qui vivent aujourd’hui selon la règle bénédictine, avec 12.000 moniales et de nombreux laïcs proches de cette école spirituelle. Pour les connaître, et communiquer des informations sur le Jubilé, la Confédération a mis en place un site internet spécifique, en plusieurs langues. Il recensera toutes les initiatives locales qui mettront en avant l’héritage spirituel et intellectuel de la famille bénédictine, à travers expositions (au musée diocésain de Munich, à la bibliothèque vaticane, etc.), colloques… sur tous les continents. Tous possèdent des monastères, même si l’abbé-primat explique que ce sont les "communautés d’Afrique de l’est, du Vietnam et de Hongrie qui sont les plus dynamiques ces dernières années".


Les monastères comme “lieux d’espérance”

Plus simplement, tous, fidèles ou non, sont encouragés à découvrir le monachisme. "Nous invitons, affirme Jeremias Schröder, tous ceux qui recherchent la stabilité et un sens à leur vie dans un monde fragmenté à venir visiter nos monastères, lieux d’espérance", en reprenant l’intuition du Jubilé romain de 2025, "Pèlerins d’espérance". Avant le Jubilé proprement dit, en 2029, s’est ouvert le 30 avril à Nursie, ville natale de saint Benoît, un cycle de quatre ans, "un temps de gratitude, de pénitence, de renouveau et d’espérance" qui suit la vie du fondateur : "s’éveiller", à Nursie ; "écouter" en 2027, à Rome où le moine reçut sa vocation ; "croître", à Subiaco en 2028, où le patron de l’Europe devint ermite ; "s’épanouir" enfin, au Mont-Cassin en 2029. Les restes de l’auteur de la Règle y sont vénérés. Ils le sont aussi à Saint-Benoît-sur-Loire, en France. Preuve que la spiritualité bénédictine s’est diffusée dans le monde entier, pour le profit spirituel d’un grand nombre, peut-être plus grand encore grâce au Jubilé qui vient.

 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page